1777-1855 GAUSS.Carl.Friedrich

mai 10, 2008 at 9:48 | In BIOGRAPHIE | Leave a Comment
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1777-1855 GAUSS.Carl.Friedrich

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Friedrich_Gauss

 

Carl Friedrich Gauß.

 

Johann Carl Friedrich Gauß De-carlfriedrichgauss.ogg écouter (traditionnellement transcrit Gauss en français) (30 avril 177723 février 1855) est un mathématicien, astronome et physicien allemand. Doté d’un grand génie, il a apporté de très importantes contributions à ces trois sciences. Surnommé « le prince des mathématiciens », il est considéré comme l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps.

 

La qualité extraordinaire de ses travaux scientifiques était déjà reconnue par ses contemporains. Dès 1856, le roi de Hanovre fit graver des pièces commémoratives avec l’image de Gauss et l’inscription Mathematicorum Principi (« prince des mathématiciens » en latin). Gauss n’ayant publié qu’une partie infime de ses découvertes, la postérité découvrit la profondeur et l’étendue de son œuvre uniquement lorsque son journal intime, publié en 1898, fut découvert et exploité.

 

Considéré par beaucoup comme distant et austère, Gauss ne travailla jamais comme professeur de mathématiques, détestait enseigner et collabora rarement avec d’autres mathématiciens. Malgré cela, plusieurs de ses étudiants devinrent de grands mathématiciens, notamment Richard Dedekind et Bernhard Riemann.

 

Gauss était profondément pieux et conservateur. Il soutint la monarchie et s’opposa à Napoléon qu’il vit comme un semeur de révolution.

Famille

 

Son grand-père paternel. Paysan pauvre, venu s’établir à Brunswick où il avait un modeste emploi de jardinier. Il eut 3 fils, dont Gerhard, père du mathématicien, fut le deuxième.

 

Son grand-père maternel. Tailleur de pierres, il mourut à 30 ans de la tuberculose. Il eut deux enfants : l’ainée Dorothea, la mère du mathématicien, et le cadet, Friedrich, tisserand.

 

Ses parents. Modestes et de peu d’instruction, ils se sont mariés en 1776 :

 

Gerhard Dietrich (né en 1744, mort le 14 avril 1808), jardinier, gardien de canal et briqueteur

Dorothea Gauß, née Benze (née en 1742, morte le 19 avril 1839 à Göttingen). Elle vint à Brunswick en 1769. Elle passa les vingt dernières années de sa vie dans la maison de son fils. Elle devint aveugle en 1835.

 

Sa première femme. Johanna Elisabeth Rosina Osthoff (1780-1809). Le mariage eut lieu le 9 octobre 1805. Ils eurent trois enfants :

 

Joseph[1] (21 août 1806-1873),

Wilhelmina (1808- 12 août 1840). De tous les enfants de Gauss, elle était la plus prédisposée à avoir du génie, mais mourut jeune.

 

Louis (11 octobre 1809- 1er mars 1810).

Sa deuxième femme. Friederica Wilhelmine Waldeck, « Minna » (1788 – 12 septembre 1831[2]). Le mariage eut lieu le 4 août 1810. Ils eurent trois enfants :

 

Eugen (29 juillet 1811-1896). Il émigra aux États-Unis en 1832 environ, après une discorde avec son père, pour se retrouver finalement à Saint-Charles, dans le Missouri, où il devint un membre respecté de la communauté.

 

Wilhelm (octobre 1813-1883). Il vint s’installer dans le Missouri, commença comme fermier, se lança dans la vente de chaussures à Saint Louis et devint riche.

 

Therese (Juin 1816-1864). À la mort de sa mère en 1831, elle resta à la maison jusqu’à la mort de Gauss, et se maria après.

Biographie

 

1777. Gauss naît le 30 avril à Brunswick, dans le duché de Brunswick (aujourd’hui en Allemagne, alors dans le royaume de Hanovre).

 

1780. Enfant prodige, il apprend seul à lire et à compter à l’âge de trois ans. À cet âge, il corrige son père qui s’est trompé en payant une addition. [réf. nécessaire]

 

À l’école, il impressionne très tôt ses professeurs.

 

Anecdote célèbre : son professeur voulant occuper ses élèves agités, leur demande de « calculer la somme de tous les nombres de 1 à 100 ». Pendant que les autres s’affairent à l’addition effective des 100 nombres, le jeune Gauss fournit la réponse correcte en quelques secondes ! Il a astucieusement additionné les nombres extrêmes par paires, remarquant que les 50 sommes donnent toutes le même résultat 101 : 1 + 100 = 101, 2 + 99 = 101, 3 + 98 = 101, etc., 50 + 51 = 101. D’où le résultat demandé, grâce à une seule multiplication : 50 × 101 = 5050.

 

1792. Le duc de Brunswick remarque ses aptitudes et lui accorde une bourse afin de lui permettre de poursuivre son instruction.

 

1792-1795. Il est envoyé au Caroline College, où il suit notamment les cours de l’entomologiste Johann Christian Ludwig Hellwig (1743-1831). Dans cette période, il formule la méthode des moindres carrés et une conjecture sur la répartition des nombres premiers, conjecture qui sera prouvée un siècle plus tard[3]. Gauss acquiert pendant toute sa scolarité une très grande érudition. Et à l’université, il démontre à nouveau, indépendamment, des théorèmes importants.

 

1796. Gauss fait une grande percée, en caractérisant presque complètement tous les polygones réguliers constructibles à la règle et au compas uniquement (Théorème de Gauss-Wantzel), et complétant ainsi le travail commencé par les mathématiciens de l’Antiquité grecque. Satisfait de ce résultat, il demande qu’un polygone régulier de 17 côtés soit gravé sur son tombeau.

 

1796. Il est le premier à démontrer rigoureusement le théorème fondamental de l’algèbre[4].

 

1801. Publication de Disquisitiones arithmeticae, qui contient un exposé très clair sur l’arithmétique modulaire, et qui apporte d’importantes avancées en théorie des nombres, notamment la première preuve de la loi de réciprocité quadratique.

 

1801. Soutenu par des traites du Duc de Brunswick, il n’apprécie pas l’instabilité de cet arrangement, ne croyant pas que les mathématiques soient assez importantes pour mériter une telle aide.

 

1804. Le 12 avril, il est élu membre de la Royal Society.

 

1805. Premier mariage, avec Johanna Osthoff, le 9 octobre.

 

1807. Il opte finalement pour une place dans l’astronomie. Il est nommé professeur d’astronomie et directeur de l’observatoire astronomique de Göttingen.

 

1809. Il publie un travail d’une importance capitale sur le mouvement des corps célestes qui contient le développement de la méthode des moindres carrés, une procédure utilisée depuis, dans toutes les sciences, pour minimiser l’impact d’une erreur de mesure. Il prouve l’exactitude de la méthode dans l’hypothèse d’erreurs normalement distribuées[5].

 

1809.Mort précoce de sa première femme qu’il aimait, Johanna Osthoff, suivie de près par la mort de l’un de ses enfants, Louis. Gauss plonge dans une dépression, dont il ne sortira jamais entièrement.

 

1810.Deuxième mariage, avec « Minna » Waldeck, le 4 août. Ce mariage ne semble pas avoir été très heureux.

*

1810.Gauss découvre la possibilité de géométries non-euclidiennes mais ne publiera jamais ce travail[6].

 

1818. Gauss commence une étude géodésique de l’État de Hanovre, travail qui mènera au développement des distributions normales pour décrire les erreurs de mesure et qui comporte un intérêt dans la géométrie différentielle. Son theorema egregrium permit d’établir une propriété importante de la notion de courbure.

 

1831.Une collaboration fructueuse avec le professeur de physique Wilhelm Weber aboutit à des résultats sur le magnétisme qui sont à l’origine de la découverte des lois de Kirchhoff en électricité, et mène à la construction d’un télégraphe primitif. Il est également l’auteur de deux des quatre équations de Maxwell, qui constituent une théorie globale de l’électromagnétisme. La loi de Gauss pour les champs électriques exprime qu’une charge électrique crée un champ électrique divergeant. Sa loi pour les champs magnétiques énonce qu’un champ magnétique divergent vaut 0, c’est-à-dire qu’il n’existe pas de monopôle magnétique. Les lignes de champ sont donc obligatoirement fermées.

*

1831.Mort de sa deuxième femme après une longue maladie. Sa fille Therese prend en main les tâches ménagères et s’occupera de Gauss jusqu’à la fin de sa vie.

 

1855. Le 23 février, il meurt à Göttingen, Hanovre (Allemagne). Il est enterré au cimetière de Albanifriedhof.

Reconnaissance

Prix

Prix Lalande, Académie des sciences, France, 1810,

Médaille Copley, Société royale de Londres, 1838.

Témoignages

 

G. Waldo Dunnington, Carl Frederick Gauss : Le Titan de la Science. L’auteur de cette biographie fut pendant toute sa vie un élève de Gauss. Il écrivit de nombreux articles, et cette biographie.

Fictions [modifier]

Daniel Kehlmann, Les arpenteurs du monde, trad. Juliette Aubert, Actes Sud, 2007, 298 p.

Biographie romancée et croisée de Carl Friedrich Gauss et Alexander von Humboldt.

Portraits, statues

 

Un buste de Gauss, dont l’auteur est le sculpteur Georg Arfmann, est exposé au temple Walhalla depuis le 12 septembre 2007.

Utilisation du nom de Gauss

 

L’astéroïde (1001) Gaussia a été nommé en son honneur.

L’unité de l’induction magnétique dans l’ancien système d’unités de mesure CGS s’appelait le gauss (G ou Gs). Elle est reliée au tesla (T) par la relation 1 T = 10000 G

 

Un cratère de la Lune se nomme Gauss.

 

La première expédition allemande vers l’Antarctique fut appelée Expédition Gauss.

* Gaussberg est un volcan découvert par cette expédition.

* La Gauss Tower est une tour d’observation située en Basse-Saxe.

* Un concours canadien de mathématiques est organisé par le Centre for Education in Mathematics and Computing tous les ans en l’honneur de Gauss.

* On trouve dans plusieurs jeux vidéos des armes à accélération magnétique nommées “canon de Gauss” ou “pistolet Gauss”. Citons Fallout, Half-life, OGame ou encore Syndicate Wars.

 

C. F. Gauss, timbre DDR, 1977

Utilisation de l’image de Gauss

 

Billets de banque : de 1989 à fin 2001, date de l’abandon de la monnaie allemande au profit de l’euro, le portrait de Gauss, avec une courbe de distribution normale, figurait sur les billets de dix deutschemarks.

Timbres : l’Allemagne en a édité trois en son honneur, un en 1955, et deux en 1977 pour son 200e anniversaire.

Voir aussi [modifier]

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Carl Friedrich Gauss.

Articles connexes [modifier]

 

Conditions de Gauss dans les articles optique géométrique, lentille et miroir.

Loi normale gaussienne en probabilités et statistiques (représentée par la courbe de Gauss)

Détermination orbitale

Théorèmes de Gauss

Jacques Quételet, l’un des fondateurs de la statistique

 

Élimination de Gauss-Jordan, un algorithme de l’algèbre linéaire pour déterminer les solutions d’un système d’équations linéaires, pour déterminer le rang d’une matrice ou pour calculer l’inverse d’une matrice carrée inversible.

Sources et liens externes

 

Biographies

 

G. Waldo Dunnington, Carl Frederick Gauss : Le Titan de la Science. L’auteur de cette biographie fut pendant toute sa vie un élève de Gauss. Il écrivit aussi de nombreux articles.

 

E. T. Bell, Les grands mathématiciens, Payot, 1961. Chapitre XIV : Gauss, le Prince des Mathématiciens.

 

Stephen Hawking, Et Dieu créa les nombres, les plus grands textes de mathématiques réunis et commentés par l’auteur, Dunod, 2006, 1172pp. In-8 , illustr. portraits h.t. et figures , rel. cart. Textes et biographies : Euclide, Archimède, Diophante, Descartes, Newton, Laplace, Fourier, Gauss, Cauchy, Boole, Riemann, Dedekind, Cantor, Lebesgue, Gödel, Turing.

 

Liens externes

 

(en) Sur Gauss et son travail

(en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, Johann Carl Friedrich Gauss, MacTutor History of Mathematics archive.

Timbre représentant Gauss

Gauss sur un billet de 10 Marks allemand

Le prince des mathématiques

Notes et références [modifier]

1. Le prénom Joseph fut choisi en l’honneur de Giuseppe Piazzi,l’astronome qui découvrit Cérès.

2. On comprit plus tard qu’elle était morte de la tuberculose, dont les premiers signes datent de 1818.

3. En 1896, deux démonstrations du théorème des nombres premiers seront fournies indépendamment par Jacques Hadamard et Charles-Jean de La Vallée Poussin.

4. Au cours de sa vie, il produira quatre preuves différentes du théorème et clarifiera considérablement le concept de nombre complexe.

5. La méthode avait déjà été décrite par Adrien-Marie Legendre en 1805, mais Gauss affirma qu’il l’utilisait depuis 1795.

6. Son ami Farkas Wolfgang Bolyai essaie en vain pendant de nombreuses années de démontrer le postulat de la parallèle à partir des autres axiomes de la géométrie d’Euclide. Le fils de Bolyai, János Bolyai, découvrit à nouveau la possibilité de géométries non euclidiennes en 1820 ; son travail fut publié en 1832. Plus tard, Gauss essaya de déterminer si le monde physique était en fait euclidien en mesurant des triangles géants.

1854-1912 POINCARE.Henri

mai 10, 2008 at 9:26 | In BIOGRAPHIE | Leave a Comment
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1854-1912 POINCARE.Henri

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Poincar%C3%A9

Henri Poincaré

 

Henri Poincaré (29 avril 1854 à Nancy, France17 juillet 1912 à Paris) est un mathématicien, physicien et philosophe français. Théoricien de génie, ses apports à maints domaines des mathématiques et de la physique ont radicalement modifié ces deux sciences. Parmi ceux-ci, citons ses travaux en optique, en relativité, sur le problème des trois corps, en calcul différentiel et en théorie du chaos.

Biographie

 

Il est le fils d’un professeur à la faculté de Médecine de Nancy, il est le cousin germain de l’homme politique et président de la République française Raymond Poincaré, et de Lucien Poincaré, directeur de l’Enseignement secondaire au Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Il épousa Louise Poulain d’Andecy, petite-fille d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, arrière-petite-fille d’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire,

 

Brillant élève, il obtient le baccalauréat ès lettres et ès sciences en 1871, entre premier à l’École polytechnique en 1873, puis à l’École des Mines en octobre 1875 ; il est licencié ès sciences le 2 aout 1876. Nommé ingénieur des mines de 3e classe en mars 1879 à Vesoul, il obtient le 1er aout 1879 le doctorat ès sciences mathématiques à la Faculté des sciences de Paris et devient chargé de cours d’analyse à la faculté des sciences de Caen le 1er décembre 1879.

 

Deux ans plus tard, il obtient ses premiers résultats marquants en mathématiques (sur la représentation des courbes et sur les équations différentielles linéaires à coefficients algébriques), et rapidement, il s’intéresse à l’application de ses connaissances mathématiques en physique et plus particulièrement en mécanique.

 

Il retourne à Paris en 1881 comme maître de conférences d’analyse à la faculté des sciences de Paris. Il est nommé répétiteur d’analyse à l’Ecole polytechnique le 6 novembre 1883, charge qu’il occupe jusqu’à sa demission en mars 1897. Nommé à la chaire de mécanique physique et expérimentale le 16 mars 1885, il quitte celle-ci pour la chaire de Physique mathématique et de calcul des probabilités en aout 1886, succédant à Gabriel Lippmann.

 

Il est élu membre de l’Académie des sciences en 1887. Il devient membre du Bureau des longitudes en 1893 et est nommé ingénieur en chef des mines. En novembre 1896, il obtient la chaire d’Astronomie mathématique et de mécanique céleste, succédant à Félix Tisserand.

 

Il est, en 1901, le premier lauréat de la Médaille Sylvester de la Royal Society. Il a été président de la Société mathématique de France en 1886 et en 1900 et président de la Société française de physique en 1902.

 

Le 1er octobre 1904, Poincaré est nommé professeur d’astronomie générale sans traitement à l’École polytechnique, ceci afin d’éviter la suppression de cette chaire.

Poincaré et la relativité

 

En 1902, Poincaré publie La Science et l’hypothèse. Même si ce livre est plus un ouvrage d’épistémologie que de physique, il appelle à ne pas considérer comme trop réels de nombreux artéfacts de la physique de son époque : le temps absolu, l’espace absolu, l’existence de l’éther. Ce livre contient donc les pistes de la relativité restreinte, et on sait qu’Albert Einstein l’a étudié de près[1],[2]

 

En 1905, Poincaré pose les équations des transformations de Lorentz, et les présente à l’Académie des sciences de Paris le 5 juin 1905. Ces transformations vérifient l’invariance de Lorentz, achevant le travail d’Hendrik Antoon Lorentz lui-même (Lorentz était un correspondant de Poincaré). Ces transformations sont celles qui s’appliquent en relativité restreinte, et on emploie encore aujourd’hui les équations telles que les a écrites Poincaré. Mais pour expliquer l’origine physique de ces transformations, Poincaré a recours a des contractions physiques de l’espace et du temps, conservant en références un éther et un temps absolu. C’est Einstein qui s’emploie à montrer qu’on retrouve les mêmes transformations en partant simplement du principe de relativité, éliminant les notions de référentiels ou horloge absolu, et faisant des différences de longueur des effets de la perspective dans un espace-temps en quatre dimensions, et non des contractions réelles.[3]

 

Poincaré a également proposé certaines idées sur la gravité, qui furent confirmées par la relativité générale, notamment la propagation de la gravitation à la vitesse de la lumière et indiqua la possibilité d’existence des ondes gravitationnelles qu’il appelait « ondes gravifiques ». La nouvelle loi était invariante par les transformations de Lorentz. Sa faiblesse était de trop rechercher l’analogie avec les lois de l’électromagnétisme.[4] Paul Langevin note que Poincaré a trouvé « plusieurs solutions possibles qui présentent toutes ce caractère commun que la gravitation se propage avec la vitesse de la lumière, du corps attirant au corps attiré, et que la loi nouvelle permet de représenter les mouvements des astres mieux encore que la loi ordinaire puisqu’elle atténue les divergences existant encore entre celle-ci et les faits, dans le mouvement du périhélie de Mercure, par exemple. »

 

Si les physiciens de l’époque étaient parfaitement au courant des travaux de Poincaré, le grand public l’a ensuite presque oublié, alors que le nom d’Einstein est aujourd’hui quasiment connu de tous. Récemment, quelques voix ont cherché a rappeler le rôle de Poincaré, mais d’autres sont allés plus loin, cherchant à faire de Poincaré l’auteur de la théorie de la relativité. Cette controverse sur la paternité de la relativité est d’autant plus délicate que les conflits politiques se mêlent aux questions de lecture des articles de physique.

Mathématiques [modifier]

 

Poincaré est le fondateur de la topologie algébrique. Ses principaux travaux mathématiques ont eu pour objet la géométrie algébrique, des types de fonctions particuliers – les fonctions dites « automorphes » (il découvre les fonctions fuschiennes et kleinéennes), les équations différentielles… La notion de continuité est centrale dans son travail, autant par ses répercussions théoriques que pour les problèmes topologiques qu’elle entraîne.

Les fondements des mathématiques [modifier]

 

À partir de 1905 et pendant les six dernières années de sa vie, Poincaré participe activement aux débats sur les fondements qui traversaient à l’époque la communauté mathématique. Il n’a jamais essayé d’y contribuer sur le plan technique, mais certaines de ses idées ont eu une influence indéniable. L’un de ses contradicteurs, Bertrand Russell écrira en 1914 « Il n’est pas possible d’être toujours juste en philosophie; mais les opinions de Poincaré, justes ou fausses, sont toujours l’expression d’une pensée puissante et originale, servie par des connaissances scientifiques tout à fait exceptionnelles »[5]. Entre autres, à cause de son refus d’accepter l’infini actuel, c’est-à-dire la possibilité de considérer l’infini comme une entité achevée et non simplement comme un processus qui peut se prolonger arbitrairement longtemps, Poincaré est considéré par beaucoup d’intuitionnistes comme un précurseur. Poincaré n’a cependant jamais remis en cause le tiers-exclu et rien n’indique qu’il aurait pu adhérer à une refondation aussi radicale des mathématiques que celle que proposera Brouwer.

 

La position de Poincaré a évolué. Dans une période précédente, il s’est intéréssé aux travaux de Georg Cantor, dont les travaux sur la construction des réels et la théorie des ensembles s’appuient de façon essentielle sur un infini actuel, au point de superviser la traduction en français d’une partie des articles de ce dernier (en 1871, 1883 …), et d’utiliser ses résultats dans son mémoire sur les groupes kleinéens (1884)[6]. Il s’intéresse également aux travaux de David Hilbert sur l’axiomatisation : il fait en 1902[7] une recension soignée et très louangeuse des Fondements de la géométrie (1899).

 

En 1905 et 1906, Poincaré réagit, de façon assez polémique à une série d’articles de Louis Couturat sur les « principes des mathématiques » dans la revue de métaphysique et de morale, articles qui rendaient compte des Principles of Mathematics de Bertrand Russell (1903). Russell finira par intervenir lui-même dans le débat[8] [Poincaré s'appuie sur l’intuitionnisme de Kant qui stipule, entre autres, que le temps et l’espace nous sont donnés comme des objets synthétiques a priori.] Poincaré contrairement à ce qu’on dit souvent n’a jamais partagé ce que l’on appelle de manière vague l’intuitionnisme kantien. Quand il évoque l’intuition (La valeur de la science, ch 1), ce terme signifie “image” ou “modèle”. Sa conception de l’expérience n’a pas grand chose à voir avec celle de Kant : ni l’espace, ni le temps ne sont des “formes à priori” car l’expérience n’est que l’occasion à partir de laquelle l’espace représenté est mis en relation avec l’espace comme continuum amorphe : “L’expérience n’a donc joué qu’un seul rôle, elle a servi d’occasion. Mais ce rôle n’en était pas moins très important; et j’ai cru nécessaire de le faire ressortir. Ce rôle aurait été inutile s’il existait une “forme a priori” s’imposant à notre sensibilité et qui serait l’espace à trois dimensions.” (La valeur de la science, ch. 4, § 6).

 

Quand Poincaré évoque l’idée de commodité, il est plus proche des empiristes que des idéalistes : l’idée de vérité n’a plus grand chose à voir avec l’idée de jugement synthétique a priori parce qu’on “choisit” ses principes ou axiomes tout comme on choisit les faits dans les sciences de la nature. Le principe de récurrence semble n’avoir d’autre but que de montrer la non pertinence du logicisme qui fait de la déduction le ressort central de la démonstration mathématique. Pour lui, c’est précisément le cas du principe de récurrence, qu’il nomme également « principe d’induction », en ce qu’il s’oppose à déduction, et qu’il refuse de considérer comme le fruit d’un jugement purement analytique, comme le sont pour lui les raisonnements logiques.

 

Ceci l’oppose à Russell (et à travers lui à Gottlob Frege, que Poincaré méconnait), qui veut réduire les mathématiques à la logique, cela l’oppose aussi à ceux qu’il appelle les cantoriens comme Ernst Zermelo et dont il distingue en partie Hilbert. À ces derniers il reproche l’usage de l’infini actuel, à travers leur façon de « passer du général au particulier », par exemple le fait de supposer l’existence d’ensembles infinis pour définir l’ensemble des entiers naturels, alors que pour lui, les entiers naturels sont premiers. Il refuse ce qu’il appelle, les définitions non-prédicatives (voir paradoxe de Richard) qui pour définir un ensemble E font appel à « la notion de l’ensemble E lui-même » (typiquement la définition actuelle en théorie axiomatique des ensembles de N, l’ensemble des entiers naturels, comme intersection des ensembles contenant 0 et clos par successeur, est non-prédicative au sens de Poincaré, puisque N fait partie de ces derniers).

 

Les objections de Poincaré, par les réactions qu’elles ont nécessitées, on joué un rôle non négligeable dans la naissance de la logique mathématique et de la théorie des ensembles, même si ses idées ont eu finalement relativement peu de succès. Elles influencent tout de même notablement l’intuitionnisme de Brouwer et ses successeurs (qui reste très marginal chez les mathématiciens), et ont connu des développements en théorie de la démonstration à partir des années 1960.

Le problème des trois corps

 

Poincaré est également l’inventeur de l’attracteur étrange, qui donne des informations sur les solutions du problème des trois corps, alors même qu’il est impossible d’expliciter ces solutions : il trouva que trois corps obéissant à la gravitation universelle de Newton ont, sous certaines conditions, une trajectoire qui dépend fortement de la condition initiale. Ainsi, on ne pourra jamais déterminer avec exactitude le destin de ces corps, car la moindre perturbation dans ses mesures entraînerait irrémédiablement une forte différence de trajectoire.

 

Ces supputations sont à l’origine de la théorie du chaos.

Conjecture de Poincaré

 

Article détaillé : Conjecture de Poincaré.

 

Posée en 1904 par Poincaré, la conjecture portant son nom était un problème de topologie énoncé sous cette forme par son auteur:

« Considérons une variété compacte V à 3 dimensions sans bord. Est-il possible que le groupe fondamental de V soit trivial bien que V ne soit pas homéomorphe à une sphère de dimension 3 ? »

 

En l’an 2000, l’institut Clay plaça la conjecture parmi les sept problèmes du prix du millénaire. Ce faisant, l’institut promis un million de dollars américain à celui qui démontrerait ou réfuterait la conjecture. Finalement Grigori Perelman a démontré cette conjecture en 2003, et sa démonstration fut validée en 2006. Mais le chercheur a refusé aussi bien la médaille Fields que le million de dollar.

Philosophe et homme de lettres

 

Il est aussi le dernier à avoir la double spécificité de comprendre l’ensemble des mathématiques de son époque et d’être en même temps un penseur philosophique. On le considère comme un des derniers grands savants universels, du fait de ses recherches dans des domaines transversaux (physique, optique, astronomie…), et de son attitude scientifique fondée sur une esthétique de la science et du nombre, à rapprocher de celle des anciens Grecs.

 

Poincaré a œuvré toute sa carrière durant à la vulgarisation de ses résultats et des grands travaux de la science, attitude qui sera reprise par des physiciens ultérieurs, comme Albert Einstein ou Stephen Hawking.

 

Avec La Science et l’hypothèse, Poincaré intéresse le monde artistique, notamment les cubistes, et donne des clés de compréhension aux géométries non-euclidienne.

 

De manière plus anecdotique, on peut noter que Poincaré aurait écrit un roman de jeunesse.[9]

Résultats scolaires légendaires

 

De façon plus anecdotique, il détient jusqu’à maintenant le record de la moyenne des notes obtenues au concours d’entrée à l’École polytechnique. Il entra major, et en sortit deuxième.

 

Concernant son admission à l’École polytechnique, il aurait été le seul étudiant à y avoir été admis alors qu’il avait obtenu un zéro à une épreuve de dessin (lavis), ce qui constitue normalement une note éliminatoire. Ce qui aurait penché en sa faveur serait le fait qu’il ait obtenu la note maximale, soit 20/20, à toutes les autres épreuves. Le jury d’admission aurait été partagé entre le fait de se priver d’un élément aussi brillant que lui, et l’application de la règle du zéro éliminatoire. Cette entorse au règlement demeure unique dans l’histoire de l’École. Il existe donc une légende selon laquelle un point aurait été retiré en physique et réattribué en dessin soit : 1/20 en dessin, 20 /20 aux trois épreuves de mathématiques et 19 en physique.

Honneurs

 

Lauréat du Concours général.

Médaille d’or de la Royal Astronomical Society (1900)

Membre de l’Académie française (1908)

Médaille Bruce (1911)

Pour l’ensemble de ses travaux, Poincaré fut pressenti douze fois au Prix Nobel de physique. L’Université Henri Poincaré est nommée en son honneur.

Commandeur de la Légion d’Honneur.

Principales publications [modifier]

La Science et l’hypothèse (Flammarion – 1902)

La Valeur de la Science (Flammarion – 1905)

Science et méthode (Flammarion – 1908)

Savants et écrivains (Flammarion – 1910)

Les méthodes nouvelles de mécanique céleste (Gauthier-Villars- 1893)

Dernières Pensées (1913) Flammarion, réédité par Flammarion, complété d’autres articles en appendice à partir de la seconde édition de 1926.*

Cours de la Faculté des sciences de Paris publiés par l’Association amicale des élèves et anciens élèves de la Faculté des sciences – Cours de Mécanique physique et expérimentale:

Cours professé pendant l’année 1885-1886. 1. partie, Cinématique pure–Mécanismes, Seconde partie, Potentiel, mécanique des fluides,

Cours de la Faculté des sciences de Paris publiés par l’Association amicale des élèves et anciens élèves de la Faculté des sciences – Cours de Physique Mathématique:

Leçons sur la théorie mathématique de la lumière professées pendant le premier semestre 1887-1888,

Électricité et optique, la lumière et les théories électrodynamiques, leçons professées en 1888, 1890 et 1899 (Carré et Naud- 1901)

Thermodynamique : leçons professées pendant le premier semestre 1888-89 – Rédaction de J. Blondin, Agrégé de l’Université- Paris Gauthier-Villars 1908 – Réimpression 1995 des Éditions Jacques Gabay.

Capillarité : Leçons professées pendant le deuxieme semestre 1888-1889,

Leçons sur la théorie de l’élasticité (Carré – 1892)

Théorie mathématique de la lumière II : nouvelles études sur la diffraction.-Théorie de la dispersion de Helmholtz : Leçons professées pendant le premier semestre 1891-1892 ,

Théorie des tourbillons, leçons professées pendant le deuxième semestre 1891-1892 (Carré et Naud- 1893)

Les oscillations électriques, leçons professées pendant le premier trimestre 1892-1893 (Carré et Naud- 1900)

Théorie analytique de la propagation de la chaleur, leçons professées pendant le premier semestre 1893-1894 (Carré – 1895)

Calcul des probabilités, leçons professées pendant le deuxième semestre 1893-1894 (Carré et Naud- 1896)

Théorie du potentiel newtonien, leçons professées pendant le premier semestre 1894-1895 (Carré et Naud – 1899)

Cours de la Faculté des sciences de Paris – Cours de mécanique céleste:

Tome I: Théorie générale des perturbations planétaires

Tome II, 1re partie: Développement de la fonction perturbatrice

Tome II, 2e partie: Théorie de la Lune

Rapports présentés au congrès International de Physique réuni à Paris en 1900 sous les auspices de La Société Française de Physique rassemblés et publiés par Ch.-Ed. Guillaume et H. Poincaré, secrétaires généraux du congrès – 3 volumes in-8° avec fugures ; Paris, Gauthier-Villars – 1900

Bibliographie

 

Paul Langevin, Henri Poincaré, Librairie Félix Alcan, 1914, p.174.

Paul Appell, Henri Poincaré, 1925, Librairie Plon

Vladimir Fock, The Theory of Space Time and Gravitation, Pergamon, 1958, p. xviii, 350, 370-374.

Vladimir Fock, K. Norske, Vidensk, Selsk, Forhandl (Norvège), 1963, p. 36, 16.

G. H. Keswani, The Origin of Relativity, Brit. J. Phil. Sci., 1965-66.

Charpentier, Ghys et Lesne (dir.), L’Héritage scientifique de Poincaré, Belin, Paris, 2006,

Articles connexes [modifier]

 

Pages sur ce thème sur les projets Wikimedia :

Demi-plan de Poincaré

L’espace chez Poincaré

Poincaré et la popularisation de la 4e dimension

Géométrie tétradimensionnelle

Conjecture de Poincaré

Léon Daum

Liens externes [modifier]

 

Biographie détaillée

 

Textes numérisés

 

Galerie photographique

 

Éloge historique de Henri Poincaré, membre de l’Académie, lu dans la séance publique annuelle du 15 décembre 1913 par M. Gaston Darboux, secrétaire perpétuel.

Einstein, Poincaré et la théorie de la relativité restreinte, Enregistrements video et audio d’une conférence donnée par Christian Bracco et Jean-Pierre Provost

Enregistrement de conférences sur l’oeuvre et la pensée d’Henri Poincaré

Notes et références [modifier]

 

1. Selon Étienne Klein, Einstein avait imposé un débat sur le livre à ses amis de “l’Académie Olympia”

2. Normand Mousseau, “La revanche de Platon”, Science! on blogue, 2 mars 2006.

3. Jean-Claude Boudenot, Comment Einstein a changé le monde

4. Dossier > La gravitation newtonienne face au principe de relativité – Relativité générale : comment l’espace-temps devint dynamique

5. To be always right is not possible in philosophy ; but Poincaré’s opinions, right or wrong, are always the expression of a powerful and original mind, with a quite unrivalled scientific equipement, Bertrand Russell, préface de la traduction anglaise de Science et méthode, Londres 1914, cité d’après Gerhard Heinzmann, Entre intuition et analyse, Poincaré et le concept de prédicativité, Blanchard 1985

6. D’après Pierre Dugac, préface à une édition d’un recueil des articles en français de Cantor, voir le site de la BNF

7. Journal des savants mai 1902, repris en appendice, dans plusieurs éditions de l’ouvrage posthume dernières pensées à partir de 1926, voir la bibliographie.

8. Tous ces articles sont parus dans la revue de métaphysique et de morale et sont accessibles en ligne sur le site de la BNF.

9. Le site du Lycée Henri Poincaré

 

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